Elle est partie parce qu'elle avant besoin d'air. Parce qu'elle avait besoin d'autre chose. Ca été tout simplement merveilleux, fabuleux. La musique sur les oreilles, elle est partie pour Troyes. Elle s'est envolée dans un autre Univers. Il était 18 heures et c'est la lumière déclinante du soleil qui s'étalait sur les champs. Il étoilait sa robe luminescente sur les colzas merveilleux. Elle a vu les prés tout près des grandes éoliennes qui tournaient si vite qu'on aurait dit qu'elles allaient s'envoler, avec leurs si grandes ailes blanches et froide dans le vent printannier. Elle n'était pas triste, peut être juste un peu mélancolique et touy redéfilait dans sa tête à une allure vertigineuse. Sur la route il n'y avait qu'eux et la nature, et le soleil et les nuages. Juste eux. Simplement. Ils sont arrivés tard. A 23 heures. Ils étaient tous autour de la table, des sourires accrochés au coin des lèvres. C'est la maison des merveilles qui s'ouvre. C'est un cocon extraordinaire. Elle est arrivée dans sa chambre qui a la taille d'un palais magique et somptueux. Mais c'est la chambre d'une aventurière des années passées. Il y a des piles de bd dans un coin de la chambre, une vieille mappemonde et un mannequin où sont collées des images en noir et blanc. Des sourires la regardent. Il y a juste une douce lumière blanche qui éclaire la sphère, en forme de bulle. Elle est tellement bien. Dans cette douceur électrique. Elle se glisse sous la couette tout rouge, veloutée, moelleuse. Elle se laisse plonger dans les rêves sucrés. Elle n'a pas envie de penser. En bas ils rient, mangent des cakes à la pomme et au sucre et à la cannelle, elle boit une tisane aux fruits. Elle se sent juste en sécurité. Le lendemain réveil matinal avec le chant du coq si fier. Mais elle est reposée. Tout le monde n'est pas encore levé. La maison s'ouvre comme une fleur endormie, chaque chambre s'ouvre peu à peu, et laisse éclater le bonheur. Elle a droit à un oeuf à la coque avec du pain frais et croquant. Elle savoure. Elle dévore. Impossible de décrire la sensation que provoque cette Maison. Et puis ils partent jusqu'au soir, sous le soleil qui brille si fort et qui réveille la peau. Ils rentrent le soir, ils sont encore les derniers. On prend une boisson rafraichissante, avec des glaçons qui fondent vite dans les bouches gourmandes, sur la table en bois, et devant eux c'est l'infini qui s'étend. Un coucher de soleil sur un mer de vert et de fleurs parfumés de liberté. C'est juste un rêve éveillé. Et puis on se réfugie sous la grange pour éviter les insectes des nuits qui font leur bal, ils dansent sur la musique de la nuit et de la fraîcheur. On se serre sur l'immense table en bois et c'est la ronde des salades et des desserts. Défilé de couleurs et de saveurs. Papille qui papillonnent. Un petit garçon l'amène dans ses cachettes. Il ferme la porte, ils sont cachés sous un arbre, ils ne craignent plus rien. Ils mangent de la menthe. Il lui montre ses baguettes magiques et sa pomme de pain. Il la tient par la main et la guide à travers son imaginaire débordant. Et il repart avec son abeille, heureux et léger, les yeux qui se ferment. Elle remonte pour travailler un peu. Elle entend leurs rires qui résonnent et ca lui fait du bien. Comme une petite souris elle se glisse dans la grande salle de bain. Elle se prend pour une princesse et s'enivre des bulles de savon. Elle se sent naturelle. Elle danse dans les grands espaces sur le carrelage un peu froid. Elle se roule en boule dans son lit de souveraine. Elle est Heureuse. Encore un lendemain. Un oeuf à la coque. Du jus de mangue. Des sourires. Des photos. Ce matin elle reste seule pour travailler vraiment. Il est neuf heures, elle s'installe au jardin. Les chats Rastapopoulos et Omalley viennent se frotter contre ses jambes et s'étendent paresseusement au soleil. Elle a le soleil dans le creux du cou, sur ses bras et ses cheveux. Elle est concentrée. Le bruit du vent fait bruire un peu plus fort l'eau du bassin, les cloches dans les arbres. Elle est seule mais tellement bien. Il y a une immensité qui l'entoure. De bruits, de senteurs, d'objets. Mais elle est apaisée. Pas un bruit. Pas de modernité. Elle va voir les lapins et leur donne de l'herbe. Elle sourit en voyant leur joues se gonfler sous le goût de sucre et de liberté de l'herbe. Elle va observer les poules et les grenouilles. Elles regardent leurs couleurs au soleil. Retourne sur sa chaise brûlante. Elle se replonge dans les pages encore plus blanche au soleil. Ils rentrent. Sourires et complicité, mais fatigue aussi.Déjeuner féerique et suspendu dans les airs. Mascarpones de fuits rouges sublimes. C'est de L'Extraordinaire.
Un dernier regard. Mais le deuxième départ à 17h. Elle reviendra.